Tonnon et son producteur Jonathan se sont retrouvés à se demander « à quoi bon faire un album ? » dans une économie du streaming où un disque est consommé au petit-déjeuner et disparaît en une semaine. Le musicien basé à Whanganui affirme que la vraie valeur réside pour lui dans l'expérience live ; il a donc construit le spectacle en parallèle — et en amont — du disque inachevé.
L'idée
Sortir la tournée avant l'album : une immense vidéo musicale en direct mêlant images d'archives, typographie en temps réel et caméra live, racontant une histoire situationniste.
Le spectacle superpose de la nouvelle musique à des images d'archives, de la typographie, des images tournées par le chef opérateur Theo Taylor et de la vidéo live de Tonnon sur scène, le tout raconté en direct comme un documentaire. Son récit suit l'Internationale situationniste, groupe d'art révolutionnaire français des années 1960, et ce qu'il appelle la dérive de la Nouvelle-Zélande, passée d'une nation au cinéma chaotique à un pays qui excelle à se photographier lui-même — un drone filmant le littoral pour « 100% Pure New Zealand » à quelques kilomètres d'une ville à l'air fatigué. Toute la production est conçue pour voyager dans deux valises.
Le spectacle part en tournée avant que l'album ne soit terminé, avec le single « Executive Assistant » comme première mise en bouche — tout cela selon l'entretien ; aucun résultat commercial n'existe encore.
Contexte
Dans un entretien publié sur World of BurgerFuel de BurgerFuel, le musicien néo-zélandais Anthonie Tonnon décrit Cinematographer, un projet qui, selon lui, brouille les frontières entre album, spectacle live, documentaire et film. Trois ans après sa dernière sortie, lui et son producteur Jonathan se sont demandé à quoi sert encore un album — « tu peux sortir un disque un vendredi, l'écouter au petit-déjeuner, et la semaine suivante il a disparu » — et ont décidé d'inverser le processus : l'expérience live passe en premier.
Il décrit le spectacle comme « essentiellement une grande vidéo musicale en direct » : se produire devant des images en mouvement qui combinent images d'archives, typographie, nouvelles images du chef opérateur Theo Taylor et vidéo live de lui-même, tout en racontant l'histoire en personne plutôt qu'en apparaissant à l'écran. Le récit suit l'Internationale situationniste et sa tentative de « prendre le pouvoir sur le monde », ce que Tonnon utilise pour demander ce qui se passe quand un pays devient si doué pour se donner bonne apparence qu'il cesse de réparer ce qui doit l'être.
La première mise en bouche est le single « Executive Assistant », qui, selon lui, parle de l'amour néo-zélandais pour les « gens à idées » — avoir la grande idée pendant que quelqu'un d'autre fait le gros du travail. Il est direct : le dur labeur ne peut pas être externalisé : le disque est encore inachevé, mais le spectacle part en premier, conçu assez petit pour tenir dans deux valises en tournée.
Un modèle de sortie inversé et concret — tournée d'abord, album ensuite — porté par un musicien en activité, non par une expérience de label.
Un savoir-faire précis documenté : images d'archives, typographie en direct, images de Theo Taylor, transportabilité en deux valises.
Une colonne vertébrale intellectuelle nommée (l'Internationale situationniste) liée à un argument au présent sur l'image et la réalité.
Tout est attribué à l'artiste sous forme d'entretien, y compris ce qui n'existe pas encore.
Quand le streaming rend les enregistrements jetables, le produit rare, c'est la salle : construire d'abord l'expérience live et laisser l'album la rattraper.
À la date de l'entretien du 7 octobre 2026, le disque Cinematographer est encore inachevé et le spectacle live en est la pointe avancée ; Tonnon indique que l'album et d'autres musiques suivront la tournée. Reste à voir si le modèle du live d'abord modifie l'économie de ses sorties.
VÉRIFIEZ LES SOURCES
Les sources
- Interview: Anthonie Tonnon World of BurgerFuel · burgerfuel.com ·